A vos agendas !

L’ASTI et les ateliers Quand la mer monte organisent la projection du documentaire d’ Avi Moghrabi Entre les frontières le vendredi 29 juin 2018 à 20H30.

(Participation libre à 3, 5 ou 7 euros)

Le théâtre de l’opprimé

Le théâtre de l’opprimé a été inventé et théorisé à partir des années 60 par le metteur en scène brésilien Augusto Boal. Ce dernier envisageait son art comme une arme, “les classes dominantes essaient de façon permanente de confisquer le théâtre et de l’utiliser comme une arme de domination… mais le théâtre peut aussi être une arme de libération”.

Dès les années cinquante, Augusto Boal rejoint le théâtre Arena et prend le parti des opprimé.e.s. Lui l’artiste, l’homme, le blanc, le citadin apportait ses vérités, ses solutions… jusqu’à ce que des rencontres lui fassent comprendre qu’il ne pouvait pas parler en leur nom. Il comprit alors que si le théâtre était une arme de libération, le peuple doit pouvoir s’en emparer. Et c’est à ce moment qu’il va créer ce que l’on appelle aujourd’hui le théâtre de l’opprimé.

Dans le cadre du théâtre de l’opprimé, il n’y a pas de professionnel du spectacle, l’objectif est de transmettre  le savoir faire et les moyens de productions du théâtre. Il s’agit d’une part de conscientiser l’oppression en générant du débat et en redonnant la parole, les moyens d’expression à ceux/celles qui en sont privé.e.s et d’autre part d’utiliser les stratégies déployées sur scène dans le cadre réel des luttes émancipatrices.

Le théâtre de l’opprimé participe d’un double processus émancipateur : à la fois individuel par le développement d’une conscience politique critique du système de production et d’exploitation, et collectif par la dynamique de mobilisation qu’il initie.

Il va mettre au point plusieurs techniques telles que le théâtre image, le théâtre invisible ou le théâtre forum. Toutes ces techniques ont en commun d’abolir la frontière entre les comédiens et les spectateurs pour mettre en débat une problématique sociale.

La scène permet à ceux/celles qui la foulent de sortir du discours pour agir, mettre en œuvre les solutions qu’iels imaginent, choisir les mots, les gestes qu’iels utiliseraient si l’oppression se répétait.

Ces techniques sont maintenant utilisées un peu partout et en France elles sont très développées dans les mouvements d’éducation populaire.